TOURISME SOLIDAIRE A VECU PLUS DE DOUZE ANS D'ECHANGES PASSIONNANTS MAIS POUR DES RAISONS D'ORGANISATION IL CESSE SES ACTIVITES CE 1er JUIN 2018

 

 

"Chaque histoire s'accompagne d'un nombre indéterminé d'anti-histoires dont chacune est complémentaire des autres."
Claude Lévi-Strauss (1908-2009)

"L'homme se développe actuellement comme un ver de terre : un tuyau qui avale de la terre et qui laisse derrière lui des petits tas. Si un jour la terre disparaît parce qu'il aura tout mangé, il ne faudra pas s'en étonner."
Andreï Tarkovski (1932-1986)

 

 

Editorial (publié en 2006)

A l’époque où des films documentaires comme Nos enfants nous accuserontde Jean-Paul Jaud ou auparavant Le Cauchemar de Darwin de Hubert Sauper, 00,1 de Sandra Blondel et Pascal Hennequin, La guerre des cotons de Jean-Michel Rodrigo, le film de Davis Guggenheim, avec Al Gore, Une vérité qui dérange, Fast food Nation de Richard Linklaternous, The future of food de Deborah Koons Garcia, Notre pain quotidien de Nikolaus Geyrhalter, et Volem rien à foutre al païs de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Gox, viennent sur nos écrans comme autant d'avertissements, déclenchant divers débats, il est de première urgence de considérer à sa juste valeur la prise de conscience « populaire » et ses effets face aux dérives du tourisme de masse, où là encore la problématique de l'abus, du gâchis, et une alternative se font entendre.
Si Le Front Populaire permit aux salariés de découvrir la mer, si le mythe des années soixante-dix leur fit arpenter le monde en tongs, ce qu’ils découvrent à l’aube du XXIème siècle où l’on est passé de l’utopie à la mondialisation – nature souillée, cultures locales ravagées, populations écrasées ou perverties – fait jaillir chez eux une autre façon de penser le voyage. Réaction montante contre les stratégies post-colonialistes où les multinationales ont mis hors de combat les acteurs locaux. Réaction face au constat qu’avoir donné aux travailleurs les congés payés a été récupéré par une double ponction : la ponction sur leurs salaires (quand on analyse le mode sacrificatoire qui fait que nombre de ménages se passent de biens essentiels pour « se payer » des vacances), et les bénéfices du tourisme liés à l’utilisation à bon prix et loin du respect du code du travail des saisonniers et des populations autochtones (où l’exploration a muté en exploitation). Ainsi gronde une autre révolution, miroir d’un Front Populaire à un Tourisme Solidaire. Ainsi naquirent ces dernières années les labels, chartes, certifications et normes raisonnées. Si malgré les tentatives d’aide aux vacances 40% des Français ne partent pas, même sédentaire forcé « l’occidental » se tourne vers les réseaux alternatifs pour consommer intelligent et ne plus avoir à rougir du contenu de son assiette, à travers les coopératives, paniers bio de quartier, le commerce équitable. S’il n’est pas recevable de réduire ces comportements à une motivation de bonne conscience, le tourisme solidaire, soutenu par des textes institutionnels internationaux malheureusement encore davantage législatifs qu’exécutifs, tout comme le commerce équitable respectueux des fournisseurs et scrupuleux des procédés d’acheminement, relève de la même éthique : le durable et la protection de la planète.