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Tourisme solidaire - Tourisme équitable

 

ENTRETIEN sur le TOURISME SOLIDAIRE
avec
RENCONTRES AU BOUT DU MONDE
(janvier 2007
)

Rencontres au bout du monde
Rencontres au bout du monde
Voyages responsables, solidaires et équitables. Action humanitaire.
http://boutdumonde.eu
Tél : 33 (0)4 42 96 42 89
Contact mail : contact@boutdumonde.eu

1. Rencontres au bout du monde, vous êtes une association basée à Aix-en-Provence et connue depuis plusieurs années (date de création ?) sur le marché du tourisme solidaire, n'est-ce pas ? Peut-on parler d'ailleurs dans ce domaine d'un marché ?

- Date de création : 01/2000 (2007 est donc notre 8è saison).
- Membre de LVT et de l'UNAT (nous sommes reconnus comme "opérateur spécialisé de Tourisme Solidaire") depuis 2003.
- Pourquoi ne pas parler de "marché" lorsque l'on parle de commerce équitable ? Même si notre attitude commerciale est radicalement à contre-sens du marché commercial "classique", les questions de concurrence, clientèle, fournisseurs, etc. restent posées. Nous proposons une offre alternative au tourisme de masse et au tourisme classique, alternative car elle met l'humain en priorité et non le profit.

2. Qu'est-ce qui vous a motivé à proposer ce type de voyages basé sur la rencontre et l'échange ? Pourriez-vous résumer pour nos lecteurs votre parcours ?

RBM a souhaité dénoncer la "non-équité" largement pratiquée par acteurs de l'industrie du voyage vis-à-vis des populations d’accueil, et qui provoque des dommages irréversibles :
- très peu d'habitants profitent réellement des revenus du tourisme qui restent concentrés sur les opérateurs occidentaux
- désappropriation et perte de contrôle sur l'utilisation des ressources locales
- déstabilisation sociétale
- précarisation
- dépendance économique vis-à-vis du tourisme
- mendicité
- perte d'identité (culturelle, historique, sociale, ...)
- etc.

Face à l’irresponsabilité de beaucoup de tour-opérators traditionnels, RBM propose des voyages mettant en application les principes du commerce équitable, en partenariat étroit avec les communautés locales.

3. Vous publiez sur le site la Charte de recommandation pour un tourisme responsable et équitable. Pourquoi cette Charte ?

Tout le monde peut s’afficher comme “responsable”, et donner des leçons de bonne conduite aux voyageurs. Ce qui est important, c’est d’être avant tout responsable en tant que VOYAGISTE !

Le tourisme est la première industrie du monde. Les pays «du Sud» à potentiel touristique sont souvent sensibles et vulnérables.
Pour RBM, la responsabilisation se fait à 3 niveaux indissociables :
- Responsabilisation des populations locales pour une gestion raisonnée et équitable des ressources du tourisme : proposer des solutions alternatives au développement touristique sauvage qui les rendrait dépendantes et les prévenir des risques liés au développement du tourisme.
- Responsabilisation du voyageur (préparation au voyage, rencontres et week-ends, sensibilisation et recommandations) pour l’amener à réfléchir sur ses comportements (sans toutefois imposer quoi que ce soit ni porter de jugement).
- Responsabilisation de nous-mêmes dans nos relations “Nord/Sud” c'est-à-dire avec nos interlocuteurs locaux.

4. Qu'entendez-vous par "Une autre philosophie du voyage" ?
Quels sont ces "plus" qui changent tout le voyage ?

Voici ce que nous écrivons à ce sujet dans notre brochure et sur notre site web, et que vous avez certainement lu :
POURQUOI VOYAGER AVEC NOUS : LES "PLUS" QUI CHANGENT TOUT A VOTRE VOYAGE :
1/ LE TEMPS laissé à nos voyageurs pour favoriser la rencontre et l'accueil, en opposition avec toute recherche de performance : nous préférons le "toujours mieux" au "toujours plus".
2/ LA DISCRETION et la convivialité : nous ne composons que de très petits groupes (de 4 à 10 personnes) vraiment plus «amis» que «clients».
3/ La mise en avant des VALEURS RELATIONNELLES avec les populations plutôt que des valeurs marchandes.
4/ Des REMUNERATIONS JUSTES et équitablement réparties, ne tenant pas compte des «lois du marché».
5/ La TRANSPARENCE, notamment financière, vis-à-vis des intervenants locaux et des voyageurs («fiche transparence»).
6/ La priorité donnée à l'écoute mutuelle et à l'INITIATIVE COMMUNAUTAIRE.
7/ La RESPONSABILITÉ avec notre Charte de recommandations pour un tourisme responsable.
8/ La LIMITATION DES INTERMEDIAIRES : nous travaillons toujours au plus près des populations d'accueil.
9/ LA STABILITÉ et le suivi de nos engagements et de nos actions dans le temps.
10/ L'IMPLICATION DU VOYAGEUR dans la réflexion : pendant nos voyages, nous organisons des «ateliers de réflexion et de proposition» entre les voyageurs qui le souhaitent, et les populations d’accueil.
11/ La FORMATION sur site de nos accompagnateurs à la pratique du voyage équitable et durable.
12/ L'INFORMATION DU VOYAGEUR et la préparation au voyage avec de nombreuses réunions et un week-end annuel de préparation en juin dans les Alpes.

5. Quels sont vos rapports avec l'UNAT et avec la Plate-forme pour le commerce équitable ? Avez-vous été contrôlé au moment de votre fondation ou et en cours d'exercice ? Le cas échéant, jugez-vous ces contrôles fiables ou y voyez-vous des améliorations possibles ? En clair, comment peut-être certain qu'une agence qui se dit solidaire, l'est effectivement sur le terrain ?

Question cruciale que celle du contrôle. L'UNAT possède une grille de critères d'entrée assez précise, mais encore trop peu contrôlables, pour tous ces membres. Vous en trouverez le détail sur le site de l'UNAT http://www.tourismesolidaire.org. Ceci dit, les membres (aujourd'hui réunis au sein de l'ATES) se connaissent souvent très bien et se font en grande partie confiance sur leurs pratiques. On peut donc parler de fiabilité, mais des améliorations restent nécessaires. Cette question fait donc actuellement l'objet d'une réflexion approfondie par l'ATES, effectuée par un groupe de travail réduit dont RBM fait partie, tout comme d'autres spécialistes comme la PFCE ou Echoway. Cette réflexion a aboutit à la proposition d'une grille de critères très complète et très exigeante qui a été proposée au CA de l'ATES le 11/01/2007. Cette grille de critères est en cours de validation, et aboutira prochainement à une procédure de "certification" à laquelle se soumettront aussi bien tous les associations membres actuelles, que toute nouvelle structure demandeuse d'entrer à l'ATES.

Lire la suite de l'entretien sur le tourisme solidaire avec TBM...