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Tourisme solidaire - Tourisme équitable

 

ENTRETIEN sur le TOURISME SOLIDAIRE
avec
RENCONTRES AU BOUT DU MONDE
(janvier 2007
)

Rencontres au bout du monde
Voyages responsables, solidaires et équitables. Action humanitaire.
http://boutdumonde.eu
Tél : 33 (0)4 42 96 42 89
Contact mail : contact@boutdumonde.eu

6. Etes-vous partisan de la publication sur les sites des agences de voyages solidaires de témoignages de voyageurs, au-delà des quelques phrases de contentement ou de remerciement que l'on peut lire parfois sur certains sites et qui ressemblent davantage à des slogans qu'à de véritables analyses ? Y voyez-vous un éventuel avantage pour le public néophyte ou ayant simplement besoin légitimement d'être rassuré sur ses choix ? Dans votre cas, quels sont les retours des visiteurs du site sur les éléments, très attractifs nous l'avons remarqué, que vous proposez en lecture (Belle mise en page, belles photos, beau fond noir de la page d’accueil, possibilité d'écouter l'interview (RMC 1er mai 2006) de votre président, Patrick Wasserman, de télécharger le dossier de presse, tout invite en effet à une visite) ? Conseilleriez-vous à vos confrères d'utiliser aussi de tels supports ?

Les retours que nous avons de la part de nos voyageurs, via les évaluations systématiques que nous leur adressons après leur voyage, ou les nombreux courriers reçus, sont dans l'ensemble très bons. Ils nous permettent d'améliorer les points ou nous sommes un peu plus faibles, à quelque niveau que ce soit. Le CA de RBM a décidé de ne pas publier ces retours sur notre site web, afin d'éviter l'auto-satisfaction, et effectivement, d'être suspecter de vouloir "récupérer" ces évaluations à notre profit en terme d'image.
Beaucoup de voyageurs ont visité préalablement notre site qui se doit de donner une image non seulement de professionnels, mais aussi d'une structure militante et transparente. C'est ainsi que nous devons convaincre, et non par des arguments qui n'auraient qu'un objectif purement "marketing".

7. Que pensez-vous des prix pratiqués par les associations de tourisme solidaire ? De quelle façon faut-il établir une comparaison avec les tarifs que propose le tourisme de masse ? La part prélevée sur le montant des séjours pour les actions locales , en règle générale de 6% (est-ce votre cas ?), justifierait-elle une éventuelle rigueur dans les tarifs proposés (absence de promotions par exemple) ?

Env 10% des frais de participation (hors aérien) sont intégralement versés sur des "Fonds de solidarité" destinés à financer des programmes solidaires de développement gérés en partenariat avec les populations locales (cf. notre lettre “ActionsMoteurs”).
Ces Fonds de Solidarité n'entrent pas en compte dans notre positionnement prix, car nous ne tenons pas compte des prix du marché dont les modes de calcul n'ont rien à voir avec les nôtres, puisque la "marge" réalisée par l'opérateur occidental en est la principale "préoccupation".
Nos tarifs sont calculés au plus juste en fonction des demandes de rémunérations formulées localement en toute responsabilité et que nous ne discutons jamais, des frais fixes (transports, matériel, etc.), des rémunérations de nos accompagnateurs, et de notre "marge de fonctionnement" (entre 15 et 20 % hors aérien). Il est assez aisé de comprendre ainsi que la "promotion" ne peut exister dans le domaine du commerce équitable.

8. Vivez-vous une relation privilégiée avec vos "clients", avec les populations locales et avec les organisations diverses opérant sur place, telles que les ONG ? Et avec les autres acteurs du tourisme solidaire ? Confrères ou concurrents ? Comment s'établit la communication entre tous ces intervenants ?

Bien sûr ! Compte tenu de ce que vous avez pu lire plus haut, je pense que vous pouvez imaginer le type de relation que nous avons avec eux, avant, pendant, et après le voyage. Beaucoup d'anciens voyageurs restent membres de l'association les années suivantes même sans voyager avec nous.
Les organisations locales restent également très attentives à nos propositions.

9. Quel est le "suivi des actions dans le temps" dans les régions que vous mentionnez sur votre site ?

Il ne s'agit pas d'intervenir ponctuellement, mais durablement. Dans les régions où nous agissons, il faut souvent arroser pendant quelques temps la graine que nous avons semée... Nos membres, accompagnateurs, ou administrateurs retournent sur place et nous font "remonter" les états d'avancement de nos projets à chacun de leurs passages.
Comment choisissez-vous ces régions, peu connues, tel le Zankskar dans l'état indien du Jammu et Kashmir ?
Au départ, en recherche d'opportunités, dans des régions sensibles, et à potentiel touristique. Il faut qu'une demande locale existe également, bien sûr. RBM choisi des zones plutôt restreintes, dans lesquels même en restant "petit", nous pouvons néanmoins avoir un impact substantiel.
Qu'entendez-vous par la "Prise en compte prioritaire des valeurs traditionnelles des populations"?
Ne pas imposer nos modes de pensée, et privilégier l'écoute.
En quoi consistent ces ateliers de réflexion ouverts pendant les séjours impliquant voyageurs et populations locales ?
Réunions pendant nos voyages avec nos partenaires locaux, ou les populations villageoises, sur des thématiques tournant autour de celles qui nous préoccupent : responsabilité, solidarité, équité, impact du tourisme, aide au développement, etc.
Qu'apporte sur place une démarche telle que la vôtre, matériellement et humainement puisque vous vous présentez comme proposant des Voyages responsables, solidaires et équitables mais aussi une action humanitaire ?
Le terme "humanitaire" est flou et quelque peu obsolète. Nous préférons "responsable, équitable, et solidaire".
- Humainement, il s'agit comme nous l'avons dit plus haut, de pratiquer une activité qui peut être "commerciale", mais doit rester avant tout résolument respectueuse de l'homme et de l'espace dans lequel il vit.
- Matériellement, nous espérons, grâce à nos voyageurs, contribuer à l'amélioration des conditions de vie de ces populations.

10. Comment voyez-vous l'avenir du tourisme solidaire ? Tiendra-t-il ses engagements ou risque-t-il d'être victime de son éventuel succès ? Que doit-on lui souhaiter ?

Difficile question. L'avenir nous dira si toutes les tentatives de "récupération" du concept aurons ou non raison... du concept !
Il est certain que ces tentatives prouvent une évolution de la demande du public, et nous ne pouvons que nous en féliciter, d'autant que nous n'y sommes sans doute pas complètement étrangers.
Nous nous devons de rester "en pointe" de ce combat, toujours très vigilants, et de dénoncer les dérives.
Nous nous devons de prouver qu'une autre économie est possible et fiable, sans pour autant être basée sur le bénévolat, l'amateurisme, ou les subventions publiques. C'est ce que nous sommes, au sein de l'ATES, en passe de prouver.

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