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Tourisme solidaire - Tourisme équitable

 
ENTRETIEN sur le TOURISME SOLIDAIRE avec TAMADI
(novembre 2006
)

1. TAMADI, vous êtes une association plutôt nouvelle sur le marché du tourisme solidaire, n'est-ce pas ? Peut-on parler d'ailleurs dans ce domaine d'un marché ?
Nouvelle en effet puisque l’association Tamadi a été créée en juillet 2005 et propose ses voyages au public depuis le début de l’année 2006.
Le terme de marché peut s’appliquer dans le sens où les séjours s’adressent à tout public et que le voyageur dispose d’offres différentes parmi lesquelles il fera son choix. Toutefois, de nombreux acteurs du tourisme solidaire sont, comme Tamadi, des structures à but non lucratif et sauront je l’espère protéger leur secteur d’activité et éviter qu’il ne devienne un marché sans règles ni principes.

2. Qu'est-ce qui vous a motivé à proposer ce type de voyages basé sur le respect mutuel : Votre expérience ? Une prise de conscience ? La rencontre avec les populations locales ? avec des réseaux d’associations ? Doit-on parler de militantisme ? Pourriez-vous résumer pour nos lecteurs votre parcours ?
Le projet est né de la rencontre entre deux des fondateurs de Tamadi et un riziculteur malien, secrétaire général de l’Association des Organisations Professionnelles Paysannes (AOPP) et secrétaire général du Syndicat des Exploitants Agricoles de l’Office du Niger (SEXAGON).Certains membres de l’ AOPP réfléchissaient déjà à la mise en place d’une forme d’accueil en milieu rural mais le manque de partenaire était un obstacle majeur. Quant aux futurs administrateurs de Tamadi, ils étaient convaincus de la possibilité de proposer une autre forme de voyage, dans un esprit d’ échange au plus près des habitants des pays visités, et surtout sur l’initiative et au profit de ceux-ci. Par ailleurs, il nous semblait que seul un partenariat avec une fédération d’associations ayant une vraie légitimité sociale dans le pays d’accueil pouvait établir les bases d’un tourisme solidaire et équitable. Nous ne souhaitions pas créer artificiellement une structure locale affectée au projet ou se limiter à travailler avec une seule association villageoise à qui reviendrait la totalité des revenus dégagés.
L’AOPP, principale fédération paysanne malienne, présente sur l’ensemble du Mali, était donc le partenaire idéal et cette rencontre fut déterminante.
On ne peut pas à proprement parler de militantisme, cependant, partir au Mali avec Tamadi génère des revenus pour l’AOPP et contribue ainsi à soutenir l’action militante des paysans maliens.

3. Qu'entendez-vous par "Un projet social et culturel doublé d’un projet économique" ? Qu'apporte sur place une action telle que la vôtre, humainement et matériellement ?
Les séjours proposés se déroulent par groupe de 4 à 7 voyageurs dans les villages et au sein des familles de paysans. Hébergement et repas sont assurés par les familles et le groupe est accompagné pendant toute la durée du séjour par un paysan malien ayant suivi une formation spécifique. Cette immersion complète dans le milieu rural malien permet au voyageur d’établir de réels échanges avec ses hôtes et inversement, sans intermédiaire faussant les rapports. Socialement, l’accueil de voyageurs par plusieurs familles dans un village renforce les liens de la communauté et notamment au sein des organisations paysannes locales (OP). Cette activité est un moteur pour le village et l’engagement des OP est réel.
C’est une activité économique puisque tous les intervenants locaux sont rémunérés sur des bases définies conjointement avec l’AOPP. Ainsi, les familles perçoivent un tarif par nuitée et par repas et les paysans accompagnateurs sont payés, cette activité procurant donc des revenus complémentaires aux paysans. De plus, et c’est un point qui nous tient particulièrement à cœur, les familles d’accueil, choisies par l’AOPP, ne sont pas toujours les mêmes, ce turn-over permettant de répartir les revenus.
Enfin, les OP et l’AOPP conservent une partie du prix du séjour et l’affectent à des actions de leur choix. L’AOPP a ainsi créé un poste salarié de coordinateur du projet.
L’échange économique est donc réel, sans aucun intermédiaire.

4. Qu'entendez-vous par "partenariat sincère et total" ?
Toutes les décisions importantes sont prises conjointement par l’AOPP et Tamadi, selon des règles définies par la convention de partenariat signée par les deux parties en septembre 2005.
Les échanges sont constants et la transparence réelle.

5. Avez-vous été contrôlé au moment de votre création ou et en cours d'exercice ? Le cas échéant, jugez-vous ces contrôles fiables ou y voyez-vous des améliorations possibles ? En clair, comment peut-être certain qu'une agence qui se dit solidaire l'est effectivement sur le terrain ?
Nous n’avons pas été contrôlé, mais par qui aurait-on pu l’être ?
En effet, il n’ existe pas à ce jour d’organisme indépendant qui aurait légitimité pour certifier qu’ une association propose un tourisme réellement solidaire ou non.
Il nous semble que seule la transparence d’un projet peut permettre au voyageur d’ avoir sa propre opinion. C’est pourquoi nous affichons clairement nos options et éditons régulièrement une lettre d’ information. Nous communiquons aussi beaucoup avec les voyageurs avant leur départ.

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